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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 22:37

 

Elle n'écoute déjà plus rien du cours, le temps s'égrene, vite, beaucoup trop vite...

Si seulement il pouvait ralentir, s'arrêter même, se fige r...


Elle redoute le moment où la sonnerie retentira

-Ohlala, encore un quart d'heure, vite, j'en ai trop marre!"

Sa voisine de classe, elle, visiblement, a hâte que tout ça s'achève.

Il faut dire, c'est vrai, que ce cours de maths est barbant....surtout qu'elle déteste ça!

Oui, mais voilà, n'importe quoi, ce pourrait bien être n'importe quoi, ce serait toujours mieux que de rentrer.....chez Elle! La voir.....et devoir être murée avec Elle....


Et puis, le pire, c'est que ce sont les vacances scolaires ce soir...quinze jours!

Quinze longs jours où elle va se retrouver prisonnière, avec Elle.........

Elle s'efforce de ne pas y penser, pas encore, pas maintenant.....elle essaye de profiter de ces derniers instants...


-Tu viens,toi, à la soirée de P. mardi soir?

-Euh............je ne pense pas...


En réalité, elle sait pertinemment que NON, elle n'ira pas...de toute façon, elle ne demandera même pas la permission, il est évident que ce n'est pas pour elle!

Elle ne demandera pas, car de toute façon, cela fait des mois qu'elle ne lui a pas parlé, qu'elle ne lui a pas dit ne serait-ce que "bonjour"...alors lui demander de sortir, on nagerait en plein délire!


Elle ne comprend d'ailleurs pas pourquoi sa voisine et aussi amie lui pose cette question!

Elle sait quand même bien que ça fait des mois, des années même qu'elle ne participe pas à ce genre d'évènements! C'est pour la rendre jalouse ou quoi?

Elle est énervée du coup!

Mais elle ne lui en veut pas, à cette amie............car si elle savait................elle saurait.....elle comprendrait.........ou peut-être pas.....

De toute façon, elle  ne dira rien...à personne.....JAMAIS!

 

-Sortez vos agendas

Et voilà, c'est la fin......on note les devoirs, dernières recommandations du prof, qui rajoute :

-Profitez bien de vos vacances, mais n'oubliez pas de réviser, à la rentrée, interro écrite!


Oh si seulement il n'y avait pas de vacances...si seulement elle pouvait ne pas vivre ce calvaire...si seulement elle pouvait encore se protéger ici!

Si seulement elle pouvait partager son angoisse.....et se dire qu'elle est "normale"!

Tous sont si excités que ce soit fini....de ne plus se lever le matin et de venir ici!

Elle, elle sait que depuis longtemps l'école est son terrier, son île, son évasion...

 

Elle a mal au ventre, il se tord avec force.....il fait du bruit...qu'importe, on croira qu'elle a faim.....

Mais en réalité elle serait bien incapable d'avaler quoi que ce soit.....

 

Ca y est, le couperet tombe!

La sonnerie!

Le brouhaha, les chaises qui crissent au sol, les sacs qui se clipsent, les chahutages, les rires.......

Et elle....elle ne fait que digérer son désespoir.

Sa peur, terrée au fond d'elle, surgit d'un coup et la chope à la gorge.....

 

Elle ne peut plus reculer.......

Elle doit y aller........

On la bouscule dans les escaliers.

Eux, sont pressés...elle, est stressée...........


Beaucoup de bruits, d'agitation...des bus qui se remplissent, des amoureux qui semblent se dire "adieu" dans des embrassades déchirantes....des amis qui se font signe de la main, sourires aux lèvres....

 

Elle, elle marche....jusqu'à chez Elle...

Elle n'a que quelques centaines de mètres....certains l'envient d'habiter si près du collège...elle, elle trouve que c'est une malchance.....

 

Dernier virage.....derniers mètres...

Elle n'ose pas lever la tête, elle regarde deséspérement le sol, les petits cailloux blancs du chemin qui salissent ses petits nus-pieds....

Elle sait qu'elle est là, elle sait qu'Elle la regarde......qu'Elle l'attend, tapie dans la pénombre.

Elle sent Sa présence et Son regard comme une chape sur elle, elle sent aussi ses jambes qui, de plus en plus, ont du mal à la soutenir dans cet effort : retourner inlassablement chez son bourreau....


Elle sait ce qui l'attend...

 

Dernières marches...elle se dirige vers la porte...elle sort les clefs de sa poche...elle tremble tellement qu'elles s'entrechoquent...

(Non, pas de bruit...on sait jamais....peut-être qu'elle dort!)

Elle pose son oreille contre la porte, elle essaye de savoir si Elle est là, dans la cuisine, en face d'elle, ou si Elle est dans sa chambre...que ce serait bien!

Pour un peu, son ouïe s'est tellement développée, qu'elle pourrait entendre son souffle.

 

Elle glisse très lentement la clef dans la serrure.........Elle a appris, au fil du temps, à faire tous ses gestes en silence....pour ne pas La déranger, La réveiller...pour, si possible, passer inaperçue, c'est toujours quelques minutes ou heures de gagnées...

 

Elle respire profondément...elle essaye de faire entrer en elle une force invisible, une sorte de pouvoir........elle lève les yeux au ciel, comme pour tenter de croiser le regard protecteur de quelconques divinités, auxquelles elle ne croit pourtant pas....

 

Il faut qu'elle ouvre la porte.........IL LE FAUT !!!!!

Clic...........la clef vient d'ouvrir la porte........elle entre, la terreur la submerge, l'envahie, l'engloutie.......la mange, toute entière!

Elle est là, elle distingue Sa silhouette....toujours au même endroit, devant la fenêtre....

Elle est de dos et pourtant elle devine Son visage : marqué, crispé, triste et fade....

Elle va devoir aller vers Elle.....la torture ne fait que commencer...

Elle sait qu'elle va devoir être forte.......

 

Quinze jours...quinze jours avec Elle...........

 

 


 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 10:30

 

"C'est ton tour!"

"Quoi?"

"Tu as le 26, c'est ton tour d'aller à l'eau!"

 

Je suis au collège, à la cantine, et c'est moi qui ai le plus petit nombre au fond de mon verre...c'est donc à moi de traverser tout le réfectoire pour aller remplir le pichet d'eau....

 

Je viens d'entrer en sixième, j'ai toujours mon sempiternel carré, parfait, lisse, à la frange calculée par la NASA, ou Pythagore, au choix...Je suis grande, plus grande que les filles de ma classe, fine..très, trop fine à mon goût et pas encore formée, ce qui me désespère! Pourtant je me trouve plutôt jolie, mon visage me plaît.....même si je trouve mes jambes trop longues et mes pieds bien trop grands et que ce ne sont pas mes pantalons trop courts qui arriveront à les dissimuler...


Je suis réservée et plutôt timide, ce qui ne m'empêche pas, déjà, d'avoir mon petit caractère...mais je suis bonne camarade....Je n'ai guère d'ami(e)s mais un petit cercle qui finalement me suffit bien...mais il est vrai que parfois je rêve de faire partie de cette bande, un peu rebelle, de ceux qui déjà font les pitres en classe, fument et s'embrassent en cachette dans la cour.........

 

Je suis gaie et vive, comme tous les jeunes de mon âge, j'ai envie de croquer la vie à pleines dents. Dans mon corps et mon esprit c'est l'effervescence.

 

Je suis bonne élève, disciplinée, appliquée, à l'écoute et obéissante et je n'ai pas vraiment de mérite, j'adore les cours, apprendre, faire mes devoirs...

Bref, je suis à l'école comme je suis dans la vie...et je ne me pose même pas la question de savoir si c'est vraiment moi, je suis bien ainsi. Je dirais même que je suis fière de moi...d'être une "gentille fille", malgré la tempête qui commence déjà se profiler dans ma tête et qui s'apprête à tout dévaster. Mais de cela, je m'en apercevrai plus tard...

 

Cette entrée au collègue marque pour moi un tournant dans ma vie...pour toute ma famille d'ailleurs.

Durant l'été, nous sommes partis...

Je me souviens, pendant toute mon enfance, mon père n'a eu de cesse de me répèter que quand je serai grande ce sera pratique pour moi d'aller au collège à pied, puisque la maison se trouvait à quelques mètres seulement des bâtiments...depuis notre terrasse, nous pouvions voir les salles de classes et nous entendions chaque heure la sonnerie des débuts ou fin de cours retentir...

Et bien il avait tort...lorsque je serai collégienne, je ne serai plus chez lui!

 

Après des années de cauchemars pour tous, ma mère a finalement décidé de partir, de prendre un appartement, de nous emmener et de se séparer de son mari...

 

Ma mère semble heureuse, de nouveau elle sourit, parle, a des projets...plein de projets!

De notre côté avec mes frères, nous avons l'impression d'être biens aussi. La tension était de toute façon devenue telle, que la situation actuelle apparaît à nos yeux comme une délivrance.

Plus de cris, plus de larmes, plus d'humiliation, ni pour lui, ni pour elle.

Et puis de toute façon, nous avions déjà l'habitude de vivre avec eux, ensemble dans la même maison, mais pas au même étage. Nous savions déjà ce que c'est que d'être tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre...que de partir en vacances sans lui...oui, nous savions ce que c'était, déjà, de ne plus avoir de parents, mais un père et une mère.

 

Ce départ m'offre aussi un bien très précieux à mes yeux: ma chambre rien qu'à moi!

Je suis aux anges! je la décore de jolies publicités de parfums trouvées dans les magazines de ma mère et de posters de mes héros de l'époque: Jean-Jacques Goldman et le beau Luke Perry, le Dylan de Beverly Hills.


Je colle sur ma porte des affiches aux couleurs fluos bien à la mode à cette époque où j'inscris tantôt "NE PAS ENTRER!", tantôt " ENTREE INTERDITE A MES FRERES", le ton est donné et ça nous fait bien rire, parce-que finalement, nous restons toujours fourrés ensemble, mes mots ne les arrête pas le moins du monde et j'en suis ravie!


Nous habitons désormais dans un logement HLM, tout neuf...je crois même que nous sommes les premiers à aménager.

Oh, nous ne sommes pas loin de mon père, de la maison de notre enfance, nous ne sommes qu'à quelques centaines de mètres....pour que ce soit "plus facile"...pour  que nous continuions à "voir notre père"...........

Encore une fois c'était faux............à partir de ce moment et après seulement quelques vacances scolaires passées à ses côtés, je ne le reverrai plus pendant une dizaine d'années........

 

"Allez! vas-y!"

"Oui, oui! c'est bon! j'y vais!"

Purée, quelle angoisse ce moment....je me lève, chancelante, le pichet à la main et je me dirige jusqu'au robinet...

C'est dingue de se mettre dans des états pareil juste pour aller chercher de l'eau...ce n'est évidemment pas ça le plus dur. Le plus dur, c'est de s'imaginer tous les regards posés sur moi...

Et si P. me regardait en plus?? oh ce serait pire...et en même temps, j'espère bien qu'il me regarde....oh oui! pourvu qu'il me regarde!

Je sens mes joues rosirent, mes mains moites et mes jambes toutes molles.

Je déteste vraiment ça!

 

A cette époque, j'aimais bien être dans ma bulle. Je me gavais de lecture.

Je lisais tout ce qui me tombait sous la main!

Du Cosmopolitan de ma mère aux bouquins du CDI.

J'avais d'ailleurs droit à une dérogation spéciale de la part de la documentaliste, complètement enchantée de tomber sur une élève qui aimait tant ses livres, qu'elle rangeait avec maniaquerie par thèmes et par ordre alphabétique : je pouvais prendre plus de deux livres à la fois, et j'avais le droit de venir les échanger quand je voulais, et non pas une fois tous les quinzes jours comme les autres.

Quel luxe!

Du coup, je fouillais, je dénichais, je dévorais, je m'imprégnais, je m'évadais...

 

Ca y est, je suis au robinet...je remplis le pichet en hâte, d'un air que je voudrais naturel, et reviens à ma table...

OUF! mission accomplie, ce n'était pas si terrible que ça, et de toute façon, dans le réfectoire, tout le monde a la tête dans son assiette, absorbé par sa purée et occupé à dépiauter sa paupiette de veau, pas le temps de regarder une sauterelle aux grands pieds traverser la salle, un pichet en inox à la main!

 

A part les fois où mon verre me trahi et m'oblige à faire ce qui pour moi est une vraie torture (et ce doit l'être pour beaucoup, sinon, pourquoi ce "jeu" du chiffre???), j'aime manger à la cantine.

C'est d'ailleurs mon choix, de venir ici une fois par semaine, puisqu'en réalité je suis externe et que je peux rentrer tous les midis.


J'ai autour de mon cou la clef de l'appartement de ma mère, accrochée à ce lacet orange, qui, au fil des années, s'effilochera...


Le jour où ma mère me l'a remis et officiellement passé au cou, je me suis sentie fière...et libre...quelle illusion....c'était en fait le symbole de la fin de quelque chose.


Désormais, je pouvais aller et venir....mais je pouvais, et surtout devais, gèrer ce qu'il y avait à gèrer. Les levers, les petits dejeuners, vérifier si mes frères avaient bien pris leurs vitamines, gelules de charbon, d'huile foie de morue, de plantes auxquelles ma mère donnaient quasiment des pouvoirs magiques...ceux je suppose de faire de nous des enfants en excellente santé et aux cheveux brillants....et surement aussi ceux d'enlever le poids de la culpabilité qui commençait insidueusement à peser lourd sur ses épaules...

A moi aussi les douches, les devoirs, les conflits, les conneries de gosses, parfois les repas et le ménage...

Cette clef, au fil du temps, m'a donné plus que l'illusion d'une liberté, elle m'a donné le cadeau empoisonné : la responsabilité!

 

Je sers mes camarades attablés avec moi, et, en quelques verres, le pichet est déjà presque vide.

"Je vous préviens, la prochaine fois, c'est pas moi!'

"Bah écoutes, c'est comme ça! c'est ton tour, c'est ton tour!!"

 


 

(à suivre....)

 

 

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 23:00

 

Lors de mes cours de préparation à l'accouchement, j'avais découvert la mentalisation, lorsque nous terminions notre cours par quelques instants de sophrologie.

il s'agissait alors de se créér, de s'imaginer, ou de se rappeller un moment "carte postale", réel ou fictif...celui auquel on s'attache, celui qui nous permettrait, durant quelques minutes, de lacher prise...de s'évader...le tout en contrôlant notre respiration abdominale....

Ce moment etait précieux pour évacuer le stress, être à l'écoute de notre corps, et mieux repartir dans notre journée...Il n'est pas évident de mettre des mots sur ces moments de réflexion...mais voici une de mes "cartes postales vivantes"grâce à laquelle, parfois, je m'évade encore...

 

 

j'ai marché un petit moment....pieds nus, dans l'herbe grasse....mes tongs dans une main, mon panier d'osier dans l'autre...

Puis j'ai trouvé un endroit calme et paisible pour m'y installer.

Autour de moi, des arbres, hauts et majestueux...le vent joue avec leurs feuilles, forme des ombres changeantes au sol et murmure un délicat bruissement. Et puis, des fleurs délicates et des graminées légères ornent ce petit pré aux allures de paradis.

Je pose mon panier, en sort la couverture...je la place sur le sol, méticuleusement.

Je m'installe, je m'étend.....j'ai emmené un livre aussi, mais je crois que je ne l'ouvrirai

pas, je l'abandonne sur la couverture, préférant me délecter de cette nature qui m'entoure...accueillante, bienveillante...

Il fait doux....pas trop chaud, pas froid....ce temps est idéal, j'ai pu mettre cette robe que j'aime tant, agréable, douce, et colorée....

Je sens ce vent doux sur ma peau, j'entend le chant gracieux d'oiseaux qui semblent danser, allant d'une branche à l'autre.

Je savoure la caresse des rayons du soleil qui joue à cache-cache avec le feuillage des arbres qui m'entourent.

Je prend juste du temps pour moi, pour me reposer, le corps et l'esprit.

Je profite de ce moment de solitude, de plénitude....je prête attention à chaque sensation agréable qu'il m'est offert à ce moment précis. 

Au loin, j'entend des enfants...ils s'amusent autour d'une fontaine d'eau...s'éclaboussent et laissent éclater leurs rires purs et cristallins.

Je ferme les yeux...et me laisse aller....je me sens bien....et bientôt je m'endomirai....pour un repos simple et réparateur, sans contrainte ni souci...

 

 

 

  lien image

 

 

 

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:24

 

La suite du texte Pensées d'une vie ou une vie pensée....pour ceux qui n'ont pas lu le (petit) premier volet, voici l'adresse, histoire aussi de pouvoir se rafraichir la mémoire et de suivre...

http://la-vie-n-est-pas-un-long-fleuve-tranquille.over-blog.com/article-pensees-d-une-vie-ou-une-vie-pensee-41211285.html



Février 1980

Ce sont les vacances d’hiver. C’est le premier souvenir qui lui revient, le plus lointain, celui qui se présente toujours à sa mémoire lorsque ses pensées s’emballent.

Ses grands-parents sont venus la chercher, elle va passer toutes les vacances dans leur maison, à la campagne, à quelques kilomètres de là, dans cet endroit qu’elle aime tant, ce havre de paix.

Les premières images qui lui viennent en tête sont les broussailles épaisses qui bordent la route, la végétation jaune, comme brûlée, hostile et abondante. La route n’est pas très longue mais elle a l’impression de parcourir des milliers de kilomètres, de s’enfuir. Elle quitte son monde terne, et son corps tout entier sait qu’elle va vivre des moments de réelle enfance et de pur bonheur.

Elle n’a que trois ans et ses souvenirs sont très vagues, mais à chaque fois qu’elle s’y attarde, elle ressent toutes ces douces émotions, ces délices qui lui sont offerts.
 
La campagne, ses odeurs, ses couleurs, ses animaux...

Même si petite, on est capable de s’émerveiller devant un ciel étoilé à la perfection, de frissonner sous la douceur d’une brise légère et parfumée, ou de s’interroger tout simplement devant la métamorphose spectaculaire de la nature suivant les saisons... ou devant un simple germe tendre se dressant quelques heures après une pluie fine.
 
Durant quinze jours, sa vie va subitement être un enchevêtrement de sensations et d’émotions, son rire va se mêler à tout cet environnement.

Ce sont ses plus lointains souvenirs et ils font certainement partie des plus beaux.  




 
  

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 14:14

 

 

                                                 
                                              I)                
L’ ORAGE

                              ciel-d-orage.jpg


 

Ce jour là, il avait fait très chaud. Une moiteur étouffante avait pris tout le monde à la gorge durant la journée, puis un orage avait éclaté, tard dans la soirée, comme bien souvent en fin d'été.

Il y avait 28 ans, c’était durant un orage semblable qu’elle avait vu le jour. En tout cas c’est ce qu’on lui avait dit, une fois.
Elle s’en souvenait, et gardait ce souvenir transmis comme un trésor, comme si cet orage lui appartenait, puisqu’il faisait partie intégrante de son histoire.

 

Ce jour là, donc, c’était son anniversaire. Elle avait passé la journée seule, pour préparer le repas de la petite soirée qui s’annonçait le soir même, en son honneur. Elle avait juste invité quelques amis et quelques membres de sa famille.
Tout en cuisinant, la chaleur pesante de cette journée l’avait amenée en songes sur une plage irréelle et déserte, battue par les vents vifs, et où elle aurait pu, durant des heures, se rafraîchir dans l’eau claire et délicieuse. On pouvait dire d’elle qu’elle était rêveuse, elle s’en moquait pas mal, de toute façon c’était vrai.

  

Ils avaient mangé dehors, afin de profiter de la fraîcheur toute relative de cette fin de journée. Les convives s’étaient régalés et quelques éclats de rires avaient même résonné .Un léger souffle de bonheur enfantin avait flotté sur la soirée, malgré l’approche imminente de l’orage qui avait fini par  les contraindre à rentrer table et chaises en catastrophe.

 

Elle était heureuse, elle avait vu des sourires sur les visages des gens qu’elle aimait, elle avait eu des cadeaux, personnels et touchants, elle avait «  toute la vie devant elle », alors pourquoi se sentait-elle si seule et si vide ? Elle avait toujours eu cette tendance, une fois les moments de plaisirs simples passés, à se laisser aller à une sorte de mélancolie et de désespoir.

 

Lorsque les voix des derniers invités eurent disparues, elle alla s’allonger dans la véranda, sur une banquette et elle laissa la porte et les fenêtres ouvertes.
Puis, lorsque que les gouttes tièdes de cet orage d’été s’écrasèrent mollement sur le sol poussiéreux, et qu’elles se mirent à dégager cette odeur si particulière de fin d’été, elle ne pu retenir quelques larmes. En fait, elle ne s’en rendit pas compte.

Son esprit venait de faire un bond en arrière, elle était submergée par les souvenirs qui lui revenaient au visage, comme les fines particules d’eau, qui chargeaient chaque rafale du vent qui s’engouffrait dans la véranda, et qui lui fouettait la peau.

Elle s’apprêtait à faire un long voyage en elle-même…

                                                                                                                           (à suivre...)

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